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Cabinet d'orthodontie de Péronne
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Classe II chez l’enfant : pourquoi la mâchoire du bas paraît-elle en retrait ?

Cabinet d'orthodontie Péronne
il y a 2 jours
9 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 4 heures

« Mon enfant a les dents du haut très en avant. Est-ce que sa mâchoire du bas est trop petite ? »

C’est une situation fréquemment observée en orthodontie.

Chez certains enfants, les dents supérieures semblent particulièrement avancées par rapport aux dents inférieures, donnant l’impression que la mâchoire du bas est en retrait.

Cette situation peut correspondre à une classe II, mais plusieurs mécanismes peuvent expliquer ce décalage. La position des mâchoires, celle des dents et la croissance de l’enfant doivent être analysées ensemble pour comprendre l’origine du problème.


Qu’est-ce qu’une classe II ?

En orthodontie, une classe II décrit avant tout une relation anormale entre les arcades dentaires supérieure et inférieure.

Elle peut notamment se manifester par :

  • des dents supérieures qui paraissent très en avant ;

  • des dents inférieures qui semblent en retrait ;

  • un décalage entre les molaires et les canines ;

  • un décalage horizontal important entre les incisives ;

  • ou, lorsqu’il existe une composante squelettique, une relation particulière entre le maxillaire et la mandibule.

Une classe II ne signifie donc pas nécessairement que « la mâchoire du bas est trop petite ».

Elle peut être liée à une position ou une croissance particulière de la mandibule, à une position du maxillaire, à la position des dents ou à une combinaison de plusieurs facteurs.

C’est pourquoi le diagnostic orthodontique ne repose pas uniquement sur l’aspect des dents.


Pourquoi la mâchoire du bas peut-elle sembler en retrait ?

Chez certains enfants présentant une classe II squelettique, la mandibule est effectivement située plus en arrière par rapport au maxillaire.

Mais le décalage observé peut également être accentué par la position des dents.

L’orthodontiste recherche notamment :

  • la position de la mandibule ;

  • la position du maxillaire ;

  • l’inclinaison des incisives supérieures ;

  • la position des incisives inférieures ;

  • la relation entre les molaires et les canines ;

  • le profil du visage ;

  • et l’équilibre général entre les structures osseuses et dentaires.

La classe II peut ainsi être squelettique, dentaire ou mixte.

Deux enfants qui présentent visuellement des dents supérieures très en avant peuvent donc avoir des mécanismes différents.


Est-ce toujours un problème de croissance de la mandibule ?

Non.

La classe II ne correspond pas systématiquement à une mandibule trop courte.

Certaines classes II sont principalement liées à une position mandibulaire en retrait, tandis que d’autres présentent une composante maxillaire ou dentaire plus importante. Dans de nombreux cas, plusieurs facteurs sont associés.

La littérature scientifique décrit ainsi la classe II comme une situation présentant une grande variabilité squelettique et dento-alvéolaire.

C’est pourquoi le diagnostic ne peut pas être établi simplement en regardant les incisives de face.


Pourquoi l’âge de l’enfant est-il important ?

La croissance modifie progressivement les relations entre les mâchoires et les dents.

Chez un enfant encore en croissance, l’orthodontiste peut donc tenir compte du potentiel de croissance restant dans la stratégie thérapeutique.

Certains appareils fonctionnels sont spécifiquement utilisés chez les patients en croissance afin d’améliorer la relation entre les deux arcades.

Les études montrent cependant que leurs effets ne sont pas uniquement squelettiques : des modifications dentaires et dento-alvéolaires importantes sont également observées.


Pourquoi parle-t-on parfois d’appareil « fonctionnel » ?

Les appareils fonctionnels sont conçus pour modifier les relations entre la mandibule et le maxillaire et pour accompagner la correction de certaines classes II chez les patients en croissance.

Selon le dispositif utilisé, le traitement peut entraîner :

  • une amélioration de la relation entre les deux arcades ;

  • une réduction du décalage entre les incisives ;

  • des déplacements dentaires ;

  • des modifications dento-alvéolaires ;

  • et, chez certains patients en croissance, des modifications squelettiques.

L’importance relative de ces effets dépend notamment de l’appareil utilisé, du stade de croissance et des caractéristiques du patient.

Une revue systématique de revues consacrée aux traitements fonctionnels de la classe II a notamment retrouvé des données en faveur d'une réduction du surplomb incisif et des modifications squelettiques mandibulaires, mais souligne que l'importance clinique de l'allongement mandibulaire reste discutée.


Est-ce que l’appareil va « faire grandir la mâchoire du bas » ?

C’est une formulation qu’il faut nuancer.

Les appareils fonctionnels peuvent entraîner, chez les patients en croissance, une augmentation de certains paramètres de croissance mandibulaire par rapport à des patients non traités. Une méta-analyse comparant les patients prépubères et pubertaires a notamment retrouvé des effets squelettiques plus importants chez les patients traités pendant la période pubertaire.

Mais cela ne signifie pas que l’appareil va simplement « faire pousser la mâchoire du bas » chez tous les enfants.

Les traitements produisent également des effets sur les dents et les structures dento-alvéolaires. Une méta-analyse de 17 études portant sur les appareils fonctionnels amovibles a retrouvé des effets squelettiques mandibulaires modestes associés à des modifications dento-alvéolaires significatives.

Une revue parapluie publiée en 2026 conclut également que les effets squelettiques des traitements non chirurgicaux de la classe II restent globalement modérés et variables.

L’objectif est donc plutôt de corriger la relation entre les mâchoires et les dents en utilisant au mieux la croissance disponible, lorsque cela est indiqué.


À quel âge faut-il consulter ?

Il n’existe pas un âge unique auquel tous les enfants présentant une classe II doivent commencer un traitement.

En revanche, une consultation orthodontique permet d’évaluer :

  • la nature du décalage ;

  • son importance ;

  • la position des dents ;

  • la relation entre les mâchoires ;

  • le stade de croissance ;

  • et l’évolution de la situation.

Dans certaines situations, une surveillance suffit dans un premier temps. Dans d’autres, un traitement pendant la croissance peut être envisagé même avant le pib pubertaire. En effet, lorsque l'écart entre les incisives du haut et du bas est supérieur à 5-6mm, le risque de traumatisme des incisives au haut en cas de choc ( sport, cour de récréation etc ... ) est largement augmenté, et peut motiver à lui seul le début d'un traitement orthodontique précoce.

L’intérêt d’une consultation précoce est donc notamment de déterminer le bon moment pour intervenir, plutôt que de commencer systématiquement un traitement le plus tôt possible. Les Drs. Clémence Daligault et Jean-Baptiste Pamar reçoivent les patients au cabinet à partir de 3 ans. 


Comment l’orthodontiste sait-il d’où vient la classe II ?

Le diagnostic commence par un examen clinique.

L’orthodontiste observe notamment :

  • le visage de l’enfant ;

  • son profil ;

  • la position des lèvres ;

  • la position des dents ;

  • les rapports entre les dents du haut et du bas ;

  • le décalage horizontal entre les incisives ;

  • et les relations entre les molaires et les canines.

Selon la situation, des photographies, une empreinte numérique ou une radiographie peuvent compléter l’examen.

La téléradiographie de profil permet notamment d’étudier les relations entre le maxillaire, la mandibule et les dents à l’aide de mesures céphalométriques.

L’objectif n’est pas simplement de mesurer un décalage : il s’agit surtout de comprendre son origine afin d’orienter la prise en charge.


Tous les enfants ayant une classe II ont-ils besoin d’un appareil fonctionnel ?

Non.

Le choix du traitement dépend de nombreux paramètres.

Selon la situation, l’orthodontiste peut proposer :

  • une simple surveillance ;

  • un traitement orthodontique avec appareil multi-attaches ;

  • un appareil fonctionnel ;

  • des élastiques intermaxillaires ;

  • des aligneurs dans certaines indications ;

  • ou une combinaison de plusieurs moyens thérapeutiques.

Il n’existe donc pas un appareil fonctionnel unique qui conviendrait à toutes les classes II.

Même lorsqu’un appareil fonctionnel est indiqué, les données comparant directement les différents dispositifs restent limitées. Une revue systématique consacrée aux appareils fonctionnels fixes et amovibles chez l’enfant n’a retrouvé que quatre essais cliniques répondant aux critères d’inclusion et n’a pas pu réaliser de méta-analyse en raison de l’hétérogénéité et du risque de biais des études.


Pourquoi traiter une classe II chez un enfant ?

Une classe II peut avoir des conséquences orthodontiques variables selon son importance et son origine.

Lorsque le décalage incisif est important, les incisives supérieures peuvent être davantage exposées en cas de choc.

Le traitement peut également avoir pour objectifs de :

  • réduire le décalage entre les incisives ;

  • améliorer l’emboîtement des dents ;

  • améliorer l’occlusion ;

  • corriger l’alignement dentaire ;

  • et améliorer l’équilibre du sourire et du profil lorsque cela fait partie des objectifs du traitement.

La décision de traiter dépend toutefois de la situation individuelle de l’enfant.


Peut-on attendre la fin de la croissance ?

Cela dépend du type de classe II et des objectifs du traitement.

Chez certains patients, une surveillance ou un traitement ultérieur peut être envisagé. Chez d’autres, la période de croissance peut être intégrée à la stratégie thérapeutique.

Les données disponibles montrent que les appareils fonctionnels peuvent avoir des effets squelettiques chez les patients en croissance, avec des effets qui peuvent varier selon le stade de maturation.

Il n’existe cependant pas une « période magique » pendant laquelle tous les traitements seraient efficaces de la même manière.

L’orthodontiste évalue donc le moment le plus adapté en fonction de l’enfant, de sa croissance et de la nature de sa classe II.


Est-ce qu’une classe II peut évoluer avec la croissance ?

Oui, les relations entre les mâchoires et les dents peuvent évoluer pendant la croissance.

L’évolution dépend notamment du type de classe II, du schéma de croissance de l’enfant et des composantes dentaires et squelettiques présentes.

C’est l’une des raisons pour lesquelles une surveillance orthodontique peut parfois être proposée avant de décider d’un traitement.

La surveillance permet de suivre l’évolution de la relation entre les deux arcades et de réévaluer la stratégie lorsque la croissance évolue.


Les élastiques peuvent-ils aussi corriger une classe II ?

Oui.

Les élastiques de classe II peuvent être utilisés pour améliorer la relation entre les arcades supérieure et inférieure.

Cependant, leur action est différente de celle d’un appareil fonctionnel et comporte une composante dento-alvéolaire importante.

Ils peuvent notamment être associés à un appareil multi-attaches ou utilisés à certaines étapes du traitement selon les objectifs recherchés.

Le choix du dispositif dépend donc du mécanisme de la classe II et du mouvement dentaire ou squelettique recherché.


Et si les dents du haut sont vraiment très en avant ?

Lorsque les incisives supérieures sont très avancées, l’orthodontiste évalue notamment :

  • l’importance du décalage ;

  • la position des incisives ;

  • la relation entre les mâchoires ;

  • le profil de l’enfant ;

  • et l’exposition des incisives en cas de chute ou de choc.

Chez un enfant en croissance, cette évaluation peut être particulièrement intéressante pour déterminer si une prise en charge précoce est pertinente.

Il ne faut cependant pas déduire le traitement nécessaire simplement en regardant les dents de face : le diagnostic orthodontique prend en compte l’ensemble du visage, des mâchoires et des dents.


Ce qu’il faut retenir

Une classe II ne signifie pas systématiquement que la mâchoire du bas est trop petite.

Le décalage observé peut avoir une origine :

  • squelettique ;

  • dentaire ;

  • maxillaire ;

  • mandibulaire ;

  • ou mixte.

Chez l’enfant en croissance, l’évaluation du potentiel de croissance peut entrer dans la stratégie thérapeutique.

Les appareils fonctionnels peuvent produire des modifications squelettiques chez certains patients en croissance, mais leur action est également dento-alvéolaire et l’importance des effets varie selon le patient et l’appareil.

Une consultation orthodontique permet surtout de comprendre pourquoi les dents et les mâchoires sont décalées, de surveiller leur évolution et, lorsque cela est indiqué, de déterminer le moment et les moyens de traitement adaptés.


Les questions des parents


Mon enfant a les dents du haut en avant : est-ce forcément une classe II ?

Pas nécessairement. Un examen orthodontique permet de déterminer si le décalage est principalement dentaire, squelettique ou mixte.


La mâchoire du bas est-elle forcément trop petite ?

Non. Une classe II peut présenter différentes composantes, notamment mandibulaire, maxillaire et dentaire.


Un appareil peut-il faire grandir la mâchoire du bas ?

Certains appareils fonctionnels peuvent entraîner des modifications de la croissance mandibulaire chez les patients en croissance. Cependant, leurs effets sont également dentaires et dento-alvéolaires et leur importance varie selon le patient, le stade de croissance et l’appareil utilisé.


Quel est le meilleur âge pour traiter une classe II ?

Il n’existe pas un âge unique valable pour tous les enfants. Le moment du traitement dépend notamment de la croissance, de l’importance du décalage, de son origine et des objectifs thérapeutiques.


Faut-il traiter toutes les classes II ?

Non. Certaines situations peuvent être surveillées, tandis que d’autres justifient un traitement orthodontique.


Pourquoi consulter avant l’adolescence ?

Une consultation permet d’évaluer la situation dentaire et squelettique ainsi que la croissance de l’enfant, afin de déterminer s’il est préférable de surveiller ou d’envisager une intervention.


Sources scientifiques


  • Mundhe M, Bhattacharjee A, Tewari N, Khanna R, Singh RK. Non-surgical treatment of skeletal Class II malocclusion in children and adolescents: an umbrella review. European Journal of Orthodontics. 2026. DOI : 10.1093/ejo/cjaf109.

  • Venkatesan K, et al. Coefficient of efficiency and effectiveness of functional appliances in class II malocclusion treatment: A systematic review. 2026. DOI : 10.1007/s00056-025-00585-y.

  • Koretsi V, Zymperdikas VF, Papageorgiou SN, Papadopoulos MA. Treatment effects of removable functional appliances in patients with Class II malocclusion: a systematic review and meta-analysis. European Journal of Orthodontics. 2015;37(4):418–434. DOI : 10.1093/ejo/cju071.

  • Perinetti G, Primožič J, Franchi L, Contardo L. Treatment Effects of Removable Functional Appliances in Pre-Pubertal and Pubertal Class II Patients: A Systematic Review and Meta-Analysis of Controlled Studies. PLOS ONE. 2015;10(10). DOI : 10.1371/journal.pone.0141198.

  • D’Antò V, Bucci R, Franchi L, Rongo R, Michelotti A, Martina R. Class II functional orthopaedic treatment: a systematic review of systematic reviews. Journal of Oral Rehabilitation. 2015;42(8):624–642. DOI : 10.1111/joor.12295.

  • Moussa Pacha M, Fleming PS, Johal A. A comparison of the efficacy of fixed versus removable functional appliances in children with Class II malocclusion: A systematic review. European Journal of Orthodontics. 2016;38(6):621–630. DOI : 10.1093/ejo/cjv086.

 
 
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