CBCT en orthodontie : dans quels cas une radiographie 3D est-elle nécessaire ?
Dernière mise à jour : il y a 5 heures
Le CBCT (Cone Beam Computed Tomography), ou tomographie volumique à faisceau conique, est une technique d’imagerie permettant d’obtenir une représentation en trois dimensions des dents, des mâchoires et des structures environnantes.
En orthodontie, il peut être très utile dans certaines situations, mais il n’est pas nécessaire pour tous les patients.
Contrairement aux radiographies conventionnelles, qui fournissent principalement des images en deux dimensions, le CBCT permet d’étudier les structures selon différents plans et d’obtenir des informations sur leur position dans les trois dimensions de l’espace.
Son utilisation doit cependant être justifiée pour chaque patient. L’objectif est de réaliser l’examen uniquement lorsqu’il apporte une information susceptible d’être utile au diagnostic, à la planification ou à la prise en charge. Les recommandations récentes de l’ADA et de l’AAOMR insistent notamment sur l’importance de tenir compte de l’examen clinique, des antécédents et des examens radiographiques déjà disponibles avant de réaliser une nouvelle acquisition.
Qu’est-ce qu’un CBCT ?
Le terme CBCT signifie Cone Beam Computed Tomography, ou tomographie volumique à faisceau conique.
Il s’agit d’une technique d’imagerie utilisant les rayons X pour obtenir un volume en trois dimensions de la région examinée.
À partir de ce volume, il est possible d’observer les structures selon différents plans et de mieux apprécier certaines relations anatomiques qui peuvent être difficiles à analyser sur une radiographie en deux dimensions.
En orthodontie, le CBCT peut notamment permettre de mieux visualiser :
la position d’une dent incluse ;
les rapports entre une dent incluse et les racines des dents voisines ;
certaines anomalies dentaires ou osseuses ;
certaines particularités anatomiques des mâchoires ;
les relations entre différentes structures dans les situations complexes.
Le CBCT constitue donc principalement un outil complémentaire aux examens radiographiques conventionnels.
Est-ce que tous les patients en orthodontie ont besoin d’un CBCT ?
Non.
C’est un point essentiel.
Le CBCT n’est pas un examen réalisé systématiquement avant un traitement orthodontique.
Les recommandations scientifiques et professionnelles indiquent que son utilisation doit être justifiée individuellement, en fonction de la situation clinique et de la question diagnostique à résoudre.
Une radiographie panoramique, une téléradiographie ou d’autres examens conventionnels peuvent souvent fournir les informations nécessaires au diagnostic orthodontique.
Le CBCT devient particulièrement intéressant lorsque l’imagerie en trois dimensions apporte une information supplémentaire susceptible de modifier ou de préciser la prise en charge.
Pourquoi ne pas faire un CBCT à tout le monde ?
Le CBCT utilise des rayons X et entraîne donc une exposition aux rayonnements ionisants.
La dose reçue dépend notamment du matériel utilisé, du volume exploré et des paramètres d’acquisition.
Le principe de radioprotection repose donc sur deux notions essentielles :
justifier l’examen et optimiser l’exposition.
Autrement dit, le CBCT doit être réalisé lorsque l’information attendue présente un intérêt clinique suffisant, avec des paramètres adaptés à la question posée.
Les recommandations internationales récentes insistent également sur l’intérêt de prendre en compte les examens d’imagerie déjà réalisés afin d’éviter les acquisitions inutiles et l’exposition cumulée.
Dans quelles situations le CBCT peut-il être utile en orthodontie ?
Le CBCT peut être indiqué dans certaines situations particulières, notamment lorsque les relations anatomiques en trois dimensions sont importantes pour le diagnostic ou la planification du traitement.
Parmi les situations pouvant justifier son utilisation figurent notamment :
certaines dents incluses ou ectopiques ;
certaines anomalies dentaires complexes ;
certaines anomalies squelettiques ;
certaines situations orthodontico-chirurgicales ;
certaines évaluations parodontales particulières ;
certaines situations concernant les voies aériennes, lorsque l’imagerie 3D apporte une information anatomique utile.
Les recommandations françaises et internationales insistent cependant sur le fait que l’indication doit rester individualisée.
Le CBCT est-il particulièrement utile pour les dents incluses ?
Oui, dans certaines situations.
Lorsqu’une dent définitive ne fait pas son éruption normalement, une radiographie conventionnelle permet souvent d’obtenir une première information sur sa position.
Mais une image en deux dimensions peut rendre difficile l’appréciation précise de la position de la dent dans l’espace.
Le CBCT peut alors permettre de déterminer :
la position exacte de la dent ;
son orientation ;
sa position vestibulaire ou palatine ;
ses rapports avec les dents voisines ;
la proximité de leurs racines ;
et certaines caractéristiques anatomiques importantes pour la prise en charge.
Il peut ainsi apporter des informations supplémentaires lorsque les examens conventionnels ne permettent pas de répondre suffisamment à la question clinique.
Le CBCT est-il particulièrement utile pour les canines incluses ?
Oui, dans certaines situations.
Les canines supérieures peuvent rester incluses dans l’os ou suivre une trajectoire d’éruption anormale.
Une radiographie en deux dimensions peut déjà fournir des informations importantes, mais elle ne permet pas toujours de déterminer précisément la position vestibulo-palatine de la canine ou ses rapports avec les racines des dents voisines.
Une revue systématique et méta-analyse publiée en 2024, portant sur 17 études, 877 patients et 1 115 canines incluses, a montré que le CBCT était plus précis que la radiographie panoramique pour déterminer notamment la position vestibulo-palatine et l’angulation des canines incluses. La radiographie panoramique détectait également moins de cas de résorption radiculaire des dents voisines que le CBCT.
Ces informations peuvent être importantes pour adapter la stratégie de prise en charge.
Le CBCT ne doit cependant pas être réalisé automatiquement pour toute canine incluse. Son intérêt dépend de la situation clinique et de la question à laquelle l’examen doit répondre.
Le CBCT peut-il être utilisé avant une chirurgie orthodontique ?
Dans certaines situations orthodontico-chirurgicales complexes, une imagerie 3D peut apporter des informations utiles sur l’anatomie osseuse et les relations entre les différentes structures.
Elle peut notamment être intéressante lorsque la connaissance précise de l’anatomie en trois dimensions est susceptible de modifier la planification du traitement.
Cependant, un CBCT n’est pas automatiquement nécessaire avant toute prise en charge orthodontico-chirurgicale.
Comme pour les autres indications, l’examen doit répondre à une question clinique précise et être réalisé avec un protocole adapté.
Le CBCT permet-il de mieux voir les mâchoires ?
Oui, dans certaines situations.
L’imagerie 3D permet d’étudier les structures osseuses selon plusieurs plans et peut apporter des informations complémentaires aux examens en deux dimensions.
Elle peut notamment être utile pour certaines anomalies squelettiques complexes ou certaines particularités anatomiques.
Cependant, pour une grande partie des traitements orthodontiques courants, les examens conventionnels restent suffisants.
Le choix de l’imagerie doit donc dépendre du diagnostic recherché, et non simplement de la volonté d’obtenir davantage d’images.
Le CBCT permet-il de voir les voies respiratoires ?
Oui, mais avec des limites importantes.
Un CBCT peut représenter les voies aériennes comprises dans le volume exploré et fournir des informations anatomiques sur leur forme et leur dimension.
Mais la simple observation des voies aériennes sur un CBCT ne permet pas à elle seule de diagnostiquer une apnée obstructive du sommeil.
Le diagnostic d’un trouble respiratoire du sommeil repose sur une évaluation clinique et, lorsque cela est indiqué, sur des examens spécifiques du sommeil.
Le CBCT peut donc éventuellement apporter des informations anatomiques complémentaires, mais il ne remplace pas le bilan médical ou les examens du sommeil.
Les recommandations récentes identifient néanmoins l’évaluation des voies aériennes parmi les domaines dans lesquels le CBCT peut avoir une utilité dans certaines situations sélectionnées.
Quelle est la différence entre une radiographie panoramique et un CBCT ?
La radiographie panoramique fournit une image en deux dimensions de l’ensemble des arcades dentaires et des structures environnantes.
Elle est très utilisée en orthodontie pour obtenir une vue générale de la denture.
Le CBCT fournit quant à lui un volume en trois dimensions permettant d’étudier les structures selon différents plans.
On peut simplifier ainsi :
Panoramique :
image en 2D ;
vue générale de la denture ;
examen courant en orthodontie ;
informations suffisantes dans de nombreuses situations.
CBCT :
imagerie en 3D ;
informations anatomiques complémentaires ;
analyse des relations spatiales entre les structures ;
utilisation réservée aux situations dans lesquelles ces informations supplémentaires sont utiles.
Le CBCT n’est donc pas simplement une « meilleure panoramique » : ce sont deux examens différents, avec des indications différentes.
Le CBCT remplace-t-il les autres radiographies ?
Pas nécessairement.
Le choix d’un examen dépend de la question à laquelle l’orthodontiste cherche à répondre.
Dans certaines situations, une radiographie conventionnelle suffit.
Dans d’autres, une imagerie 3D peut apporter des informations supplémentaires.
Il est donc parfaitement possible qu’un patient bénéficie d’une radiographie panoramique sans avoir besoin d’un CBCT.
À l’inverse, lorsqu’une situation particulière nécessite une analyse en trois dimensions, le CBCT peut être indiqué en complément.
L’objectif n’est pas de multiplier les examens, mais de choisir l’examen le plus pertinent pour la question clinique posée.
Le CBCT est-il dangereux ?
Le CBCT utilise des rayons X et entraîne donc une exposition aux rayonnements ionisants.
Cela ne signifie pas qu’un CBCT indiqué et réalisé dans des conditions adaptées soit considéré comme dangereux en lui-même.
Comme pour toute imagerie utilisant les rayons X, le principe est de ne réaliser l’examen que lorsqu’il est justifié, puis d’utiliser des paramètres permettant de limiter l’exposition tout en obtenant les informations diagnostiques nécessaires.
Les recommandations actuelles insistent notamment sur la sélection des patients, la limitation des examens inutiles et l’optimisation des paramètres d’acquisition.
Pourquoi utilise-t-on parfois un petit champ d’exploration ?
Le CBCT peut être réalisé avec des champs d’exploration de différentes tailles.
Lorsque seule une petite région doit être étudiée, un champ limité peut permettre de concentrer l’examen sur la zone concernée et d’éviter d’exposer inutilement des structures qui ne sont pas nécessaires au diagnostic.
Le choix du champ dépend donc de :
la zone à examiner ;
la question diagnostique ;
la résolution nécessaire ;
et les objectifs de radioprotection.
L’objectif est de trouver le meilleur équilibre entre information diagnostique, qualité d’image et exposition.
Qui décide de la réalisation d’un CBCT ?
La décision appartient au praticien qui prend en charge le patient, en fonction de l’examen clinique et de la question diagnostique.
Un CBCT ne doit pas être réalisé simplement parce que la technologie est disponible.
Le praticien détermine d’abord quelles informations sont nécessaires au diagnostic, puis choisit l’examen d’imagerie le plus adapté.
Les recommandations ADA/AAOMR 2026 rappellent notamment que la décision d’imagerie doit tenir compte de l’histoire médicale et dentaire, des constatations cliniques et des conditions particulières du patient.
Faut-il refaire un CBCT pendant le traitement ?
Pas systématiquement.
Comme pour le premier examen, une nouvelle acquisition doit être justifiée par une question clinique précise.
Un CBCT de contrôle peut être envisagé dans certaines situations particulières lorsqu’une nouvelle information 3D est susceptible de modifier ou d’améliorer la prise en charge.
En revanche, répéter des examens 3D sans indication particulière n’est pas justifié.
Les recommandations récentes insistent justement sur la nécessité de prendre en compte les examens déjà disponibles afin de limiter l’exposition cumulée.
Pourquoi le CBCT est-il particulièrement intéressant en cas de dent incluse ?
Lorsqu’une dent est incluse, l’orthodontiste doit notamment savoir où elle se trouve et quelles structures elle côtoie.
Cette information peut modifier la stratégie thérapeutique.
Le CBCT peut permettre de visualiser la dent dans les trois dimensions et de mieux apprécier ses rapports avec les racines voisines ou d’autres structures anatomiques.
Les données disponibles sont particulièrement intéressantes pour les canines incluses, pour lesquelles le CBCT peut améliorer la localisation de la dent et la détection de certaines résorptions radiculaires voisines par rapport à la radiographie panoramique.
La SFODF/FFO identifie également les situations de dents incluses parmi les indications du Cone Beam en orthodontie.
Une imagerie 3D directement au cabinet
Le cabinet d’orthodontie de Péronne est équipé du système d’imagerie Orthophos 3D de Dentsply Sirona, permettant de réaliser des examens radiologiques en trois dimensions lorsque ceux-ci sont justifiés par la situation clinique.
Cette technologie permet d’obtenir une visualisation précise des structures dentaires et osseuses, notamment dans les situations où une radiographie en deux dimensions ne suffit pas à répondre à la question diagnostique. Elle peut ainsi être particulièrement utile pour analyser la position de certaines dents incluses, leurs rapports avec les racines voisines ou certaines particularités anatomiques.
L’imagerie 3D réalisée au cabinet permet ainsi de disposer des informations nécessaires au diagnostic et à la planification du traitement, tout en respectant les principes de justification et d’optimisation de l’exposition aux rayons X.
Que faut-il retenir ?
Le CBCT est un outil précieux en orthodontie, mais il n’est pas nécessaire pour tous les patients.
Son intérêt apparaît surtout lorsque l’imagerie 3D apporte une information supplémentaire susceptible de contribuer au diagnostic, à la planification ou à la prise en charge.
Il peut notamment être utile dans certaines situations de :
dents incluses ;
anomalies dentaires complexes ;
anomalies squelettiques ;
prise en charge orthodontico-chirurgicale ;
ou certaines évaluations anatomiques particulières.
La décision doit toujours être individualisée, en tenant compte de la question clinique et des principes de radioprotection.
Les questions des patients et des parents
Est-ce que tous les patients en orthodontie doivent passer un CBCT ?
Non. Le CBCT n’est pas un examen systématique. Il est indiqué lorsque l’imagerie 3D apporte une information utile à la prise en charge.
Quelle est la différence entre une panoramique et un CBCT ?
La panoramique fournit une image en deux dimensions, tandis que le CBCT permet d’obtenir une représentation en trois dimensions.
Pourquoi faire un CBCT pour une canine incluse ?
Il peut permettre de déterminer plus précisément la position de la canine et ses rapports avec les dents et structures voisines lorsque ces informations sont nécessaires à la prise en charge.
Sources scientifiques
Benavides E, Krecioch JR, Allareddy T, et al. American Dental Association and American Academy of Oral and Maxillofacial Radiology patient selection for dental radiography and cone-beam computed tomography: Clinical recommendations. Journal of the American Dental Association. 2026;157(1):20–35.e5. DOI : 10.1016/j.adaj.2025.10.013.
Foucart JM, Papelard N, Bourriau J. Orthodontics in the CBCT era: 25 years later, what are the guidelines? Orthodontie Française. 2025;96(1):23–39. DOI : 10.1684/orthodfr.2025.176.
SFODF/FFO. Indications et champ d’application du Cone Beam (CBCT) en Orthodontie. Recommandation, mai 2017.
Peralta-Mamani M, Fischer Rubira CM, López-López J, Honório HM, Fischer Rubira-Bullen IR. CBCT vs panoramic radiography in assessment of impacted upper canine and root resorption of the adjacent teeth: A systematic review and meta-analysis. Journal of Clinical and Experimental Dentistry. 2024;16(2)–e222. DOI : 10.4317/jced.61285.
American Academy of Oral and Maxillofacial Radiology. Clinical recommendations regarding use of cone beam computed tomography in orthodontics. Position statement.





